Dans leur livre Les philo-Cognitifs, Fanny Nusbaum, Olivier Revol et Dominic Sappey-Marinier proposent cette expression de “philo-cognitifs” pour rendre compte du fonctionnement cognitif des personnes usuellement appelées “surdouées”, “précoces, “à haut potentiel intellectuel” ou encore “zèbres”.

L’expression “philo-cognitifs” désigne d’abord un intérêt prononcé (voire un besoin profond) et une capacité supérieure pour la mobilisation massive de la pensée au travers de trois processus principaux :

  • un raisonnement actif et compulsif (hyperspéculation),
  • une sensibilité et une alerte exacerbées (hyperacuité)
  • une pensée automatique et analogique surdéveloppée (hyperlatence).

Les auteurs ont choisi le préfixe « philo » parce qu’il se réfère à une nécessité permanente de réflexion philosophique, c’est-à-dire de questionnements des grands principes existentiels pour l’homme dans son environnement, dans ses relations avec autrui, de sa place dans l’univers, avec une approche métaphysique ou spirituelle.

Un philo-cognitif est donc cet individu, enfant ou adulte, doté d’une grande réceptivité globale et ainsi capable de détecter et collecter tout stimulus pertinent plus rapidement et/ou plus intensément pour l’intégrer à un système de raisonnement perfectionné. Dans ce sens, il fait appel à des qualités supérieures dans l’élaboration d’une réflexion, allant jusqu’à extrapoler, questionner, trouver des idées alternatives par des associations d’idées de haut niveau, mettant même en jeu son radar sensitif pointu qui lui permet de nourrir ses raisonnements.- Nusbaum, Revol et Sappey-Marinier

Pour autant, les philo-cognitifs ne sont pas forcément des génies ni des personnes exceptionnellement douées dans un domaine spécifique. Elles ne sont pas non plus plus compétentes que les autres, étant donné qu’elles sont douées pour penser, mais pas forcément pour agir.  3 caractéristiques des philo-cognitifs

Fanny Nusbaum, Olivier Revol et Dominic Sappey-Marinier proposent trois caractéristiques majeures communes aux philo-cognitifs décrivant leur façon de penser singulière.

1.L’hyperspéculation (je suis, donc je pense)

Les philo-cognitifs sont marqués par un investissement presque « vital » de la pensée, que les auteurs nomment “hyperspéculation”. Ils écrivent que penser est pour les philo-cognitifs un besoin, voire une compulsion.

L’hyperspéculation se traduit par :

  • un besoin viscéral de réflexion;
  • une avidité à élaborer des conclusions sur la base d’idées nouvelles, à extrapoler à partir de celles-ci.

Ces personnes ne se satisfont pas d’un « c’est comme ça » mais cherchent toujours une explication cohérente, selon leurs propres filtres, même si ceux-là semblent évidents à la communauté. C’est ainsi qu’on observe chez elles un esprit critique aiguisé et des questionnements philosophiques récurrents – nous entendons par « philosophique » tout questionnement personnel sur les lois générales du monde environnant et sur son positionnement dans cet environnement. Ce besoin de philosopher, de penser et d’interroger le monde est à comprendre au sens large. .- Nusbaum, Revol et Sappey-Marinier

2.L’hyperacuité (intuition et instinct)

Les philo-cognitifs sont caractérisés par une hyperacuité au niveau de :

  • l’émotion (discernement accru dans la détection de marques émotionnelles chez les autres et ressenti émotionnel personnel amplifié);
  • la motricité (proprioception très développée, c’est-à-dire une capacité à percevoir avec une extrême sensibilité les données externes et internes relatives au positionnement, à la coordination, au maintien et à l’équilibre dans l’espace);
  • des perceptions sensorielles (perception fine de l’environnement sensoriel).

Nusbaum, Revol et Sappey-Marinier notent principalement un seuil de sensibilité de haut niveau dans les domaines des émotions, de la motricité et des cinq sens qui peut se révéler comme une force quand il s’agit de détecter et d’analyser les données internes et externes (être plus à l’écoute de ses sensations, mieux percevoir les bruits, les odeurs ou les émotions…), mais également comme une faiblesse.

Ces dimensions combinées de l’hypersensibilité émotionnelle, de l’hypersensorialité et de l’hyperproprioception confèrent à ces sujets dans leur ensemble des pressentiments assez puissants – bien qu’ils ne soient pas toujours aptes à y prêter attention ou à en faire une bonne interprétation – ainsi qu’une conscience très précoce et fine de la mort et de ses enjeux.- Nusbaum, Revol et Sappey-Marinier

3.L’hyperlatence (un réassemblage permanent des idées)

Le cerveau des philo-cognitifs est marquée par une hyperlatence, c’est-à-dire qu’il réassemble en permanence les dernières expériences vécues et les compare avec des expériences antérieures de même ordre pour se créer un modèle de compréhension et d’interprétation de la réalité, modèle qu’il va être en mesure de projeter sur des situations ou des idées nouvelles et sur différentes simulations du futur.

L’hyperlatence se fonde notamment sur la récupération de souvenirs en mémoire pour les comparer à la situation actuelle. Le cerveau assemble alors le passé et le présent. Il élabore un modèle intégratif en extrayant et rapprochant les régularités trouvées dans les situations de même ordre pour être en mesure d’apporter ultérieurement une meilleure réponse possible à ce genre de situation. Si ce phénomène de latence constitue un des socles de tout apprentissage, il est omniprésent dans le groupe ici étudié. Plus fréquents et plus intenses que dans la population standard, ce surinvestissement de la pensée, cette méta-analyse perpétuelle donnent lieu à une compréhension/intégration supérieure et à des apprentissages généralement facilités. Cependant, cette population se montre également plus vulnérable à la rumination mentale. – Nusbaum, Revol et Sappey-Marinier

Ainsi, Nusbaum, Revol et Sappey-Marinier remarquent que la rumination mentale semble plus fréquente chez les philo-cognitifs parce qu’ils montrent une tendance naturelle à se poser des questions sur tout ce qui leur arrive et à répondre à ces questions en passant notamment par la pensée diffuse quand l’esprit est apparemment au repos.

Ces trois caractéristiques psycho-comportementales, associées aux trois réseaux anatomo-fonctionnels qui les sous-tendent, montrent un dispositif cognitif global de haut niveau, comme un moteur ou un processeur plus puissant, qui permet davantage de rapidité et de qualité de traitement des stimuli externes ou des informations internes mémorisées.- Nusbaum, Revol et Sappey-Marinier

  Les deux formes d’expression du haut potentiel chez l’enfant

“Le monde ne vaut que par les ultras et ne dure que par les modérés”

Paul Valéry

La littérature a longuement décrit le profil cognitivo-comportemental type de l’enfant à Haut Potentiel (HP). Ce portrait dépeint de façon étonnamment juste la majorité des enfants à haut potentiel intellectuel. Or, bien qu’il ait été utile de proposer cette description « métonymique » pour les besoins de l’identification claire d’une problématique jusqu’ici méconsidérée, il paraît nécessaire à présent de passer à une approche plus précise et exhaustive du haut potentiel intellectuel.

La prise en compte d’un second profil cognitivo-comportemental inhérent au HP nous semble ainsi primordiale. Ce profil, que nous nommerons « Laminaire », a probablement été oublié de la littérature car il ne fait que très rarement l’objet de consultations thérapeutiques.

C’est pourquoi nous nous attellerons dans cet exposé à présenter en détail les deux profils relatifs au HP : D’abord le profil le plus répandu, que nous appellerons « Complexe », puis le profil Laminaire.

Outre un QI Total supérieur à 125/130, communément admis pour valider le HP en général, c’est l’observation d’une majorité des caractéristiques décrites qui déterminera surtout l’appartenance d’un sujet à l’un ou l’autre de ces profils (Terrassier et al., 2005).

HP- Profil Complexe Cognition

L’enfant à HP- Profil Complexe (HP-C) a besoin d’apprendre, mais surtout de comprendre ce qu’il apprend et pourquoi il l’apprend. Ce besoin de stimulations quasi permanent lui confère une grande curiosité concernant le monde qui l’entoure.

Le processus d’adaptation repose ainsi principalement sur un filtrage des stimulations au travers de son intelligence, et plus particulièrement de ses capacités (défensives) de rationalisation.

La pensée, probablement par adaptation à ce « picorement cognitif », apparaît rapide, fulgurante, associative et intuitive. Il s’agit d’une pensée profondément divergente, où une image en appelle une autre, un mot en fait surgir un autre, pour arriver de fil en aiguille à l’Eureka.

C’est pourquoi tant d’enfants et d’adultes à profil Complexe relatent ce « cerveau qui tourne en permanence », comme si la réflexion était une addiction. Ainsi, l’enfant à HP-C convoite cette drogue ; mais elle l’épuise parfois.

L’univers interne se montre ainsi très riche et imagé, et l’enfant éprouve un grand besoin de prendre régulièrement du temps pour laisser vagabonder sa pensée fantasmatique débordante.

Un autre avantage conféré par ce profil HP-C réside dans la créativité qu’il induit (Gibello, 2003). En effet, le mode cérébral analogique repose sur des associations symboliques et sur une forte charge émotionnelle, terreaux essentiels à la capacité de création.

En revanche, on notera une difficulté dans le raisonnement analytique et dans les capacités d’approfondissement. Cette difficulté est liée à la fois à la préférence cérébrale analogique au détriment d’un fonctionnement digital, et à l’instabilité inhérente à tout processus émotionnel.

Par ailleurs, le mécanisme préférentiel de pensée analogique met l’enfant à profil Complexe aux prises avec une difficulté de planification et d’anticipation. Ce phénomène s’explique probablement par le caractère non chronologique de la pensée en arborescence par opposition au processus de planification.

L’expression psychomotrice se montre ainsi très irrégulière, ponctuée à la fois de « coups de génie corporel » et de « pieds pris dans le tapis ».

Enfin, la vulnérabilité attentionnelle, psychomotrice, et émotionnelle dont souffre souvent cet enfant se montre en décalage avec certaines de ses aptitudes cognitives. Cette dyssynchronie se traduit d’ailleurs par une plus forte hétérogénéité des résultats aux échelles de Wechsler (Terrassier, 2005). [divider]

 Comportement

Le comportement de l’enfant à HP-C correspond généralement à son fonctionnement cognitif : il est assez inégal.

En premier lieu, on observe un enfant à la personnalité atypique, cultivant la différence, sans forcément le vouloir. Que cette différence s’exprime sous une forme introvertie ou extravertie, cet enfant ne passe jamais inaperçu. Il bénéficie et pâtit à la fois d’une présence particulière, connotée positivement ou non.

L’enfant au profil Complexe est animé par une sensibilité « à fleur de peau », qui lui confère souvent un humour cinglant, ayant probablement une fonction sublimatoire.

On le qualifie ainsi fréquemment d’ « incontrôlable », « caractériel », « mal élevé », surtout quand il se trouve dans un contexte où certaines règles sont incontournables : système scolaire, jeu, compétition, vie en société (Terrassier, 2005)… Car cet enfant supporte assez mal l’aspect rigide et froid d’une règle, qui, pour être en mesure de s’adapter à la majorité, s’avère forcément grossière et sans pertinence dans certains cas… ce qu’il ne manque pas de pointer !

Sa différence mal assumée, souvent déniée, et sa sensibilité exacerbée l’emprisonnent ainsi dans des écueils relationnels, et parfois dans une tour de solitude. Qu’il se présente comme un chef de file ou comme un marginal, son attitude au sein du groupe ne souffre pas la demie mesure, de sorte qu’il fait rarement l’unanimité en société…

Consciemment ou non, il peut aisément se mettre en position difficile par la provocation, incapable d’adopter une position politiquement correcte, de sécurité ou d’économie (physique, psychique, relationnelle). Il engendre ainsi, sans le vouloir, désapprobation et rejet, ce qui le fait profondément souffrir.

Pourtant, il s’agit la plupart du temps d’un enfant généreux et attachant. De surcroît, il est en capacité de communier avec l’émotion de son interlocuteur, d’être en sympathie pour l’autre. Mais s’il est apte à « fusionner » émotionnellement, il rencontre une réelle difficulté à faire preuve de suffisamment de flexibilité mentale pour se mettre à la place de l’autre sur un plan affectif tout en gardant une certaine distance. En d’autres termes, il s’agit d’un enfant pourvu de sympathie, mais assez dénué d’empathie.

En outre, l’inconstance des émotions qui le transportent peut l’amener parfois à se montrer agressif envers autrui (Marcelli & Braconnier, 2007). Son côté imprévisible dans la relation semble dès lors trop effrayant pour son entourage, qui, bien que fasciné par lui, a tendance à le tenir à distance pour se protéger de ses ardeurs.

Le parcours scolaire apparaîtra comme hautement dépendant de la relation à l’enseignant. S’il parvient à se nouer une relation qui dépasse les tentatives régulières de cet enfant de questionner les limites posées, et qu’il se crée un lien émotionnel entre l’enseignant et lui, alors l’enfant à HP-C sera en mesure d’exprimer son potentiel. Si, en revanche, la relation qui s’installe est basée sur un rapport frontal dont l’objectif principal est d’amener cet enfant à s’adapter au système coûte que coûte, alors les conséquences au niveau des performances scolaires et du comportement peuvent devenir désastreuses.

D’aucun décriront ainsi l’enfant à HP-C comme manipulateur. Sa compréhension fine des processus émotionnels, bien que mal gérés, et son besoin de maintenir un contact affectif constant comme lien entre lui et son environnement sont pour beaucoup dans cette interprétation.

En réalité, la plupart des enfants à profil Complexe sont en souffrance : Le monde qui les entoure leur est étranger et menaçant, de sorte qu’ils sont contraints de développer des capacités cognitives et une sensibilité extrêmes pour se l’approprier, au prix d’une dépense attentionnelle considérable.

Par ailleurs, la différence de temporalité et de spécificités entre sa réalité interne et la réalité externe plonge souvent cet enfant dans un sentiment de frustration intense, qu’il a bien du mal à maîtriser. Il ne supporte pas de ne pas réussir immédiatement une tâche, et préfère l’abandonner ou ne pas s’y engager pour ne pas avoir à faire face à une angoisse d’échec. Il éprouve aussi la plus grande difficulté à faire preuve de patience ou à ne pas voir son désir assouvi.

En résumé, l’enfant à Haut Potentiel Intellectuel, profil Complexe, bénéficie d’une pensée hors normes, d’une grande créativité et d’une capacité d’attachement considérable. Cependant son inconstance dans l’effort et les irrégularités dans ses capacités cognitives, psychomotrices et relationnelles font de lui un enfant souvent fragile, isolé et en souffrance qu’il convient d’accompagner pour valoriser son potentiel et minimiser ses handicaps.

Personnages et personnalités à HP-C

Tom Sawyer, Heidi, Sophie (Les Malheurs de Sophie), Aladin, Le Petit Prince, Julien Sorel, Dark Vador, Calvin (Calvin et Hobbes), Léonard de Vinci, Wolfgang Amadeus Mozart, Vincent van Gogh, Nostradamus, Camille Claudel, Coco Chanel, Arthur Rimbaud, Oscar Wilde, Winston Churchill, Charles Baudelaire, Albert Einstein, Sigmund Freud, Napoléon 1er, Pablo Picasso, Francis Bacon, Salvador Dalì, Romain Gary, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Madonna, Mickael Jackson, Eric Zemmour, Michel Onfray, Nicolas Bedos, Alain Finkielkraut, Raymond Domenech, Fabrice Luchini, Roberto Benigni, Gaspard Proust, Jean-Marie Bigard, Peter Doherty, Amy Winehouse.

HP- Profil Laminaire Cognition

L’enfant à HP- Profil Laminaire (HP-L) trouve habituellement du plaisir à apprendre ; cependant il ne s’agit pas pour lui d’une nécessité « vitale ». On sera surpris par son ouverture d’esprit et par sa capacité à répondre de façon appropriée à des stimulations diverses et variées…

Ouvert d’esprit, mais non pas curieux : contrairement à l’enfant à profil Complexe, l’enfant à profil Laminaire ne part pas en quête de connaissance avec une avidité fébrile, mais fait preuve pour autant d’une acceptation et d’un enthousiasme sereins quand l’information se présente à lui.

Cet enfant ne se sent pas fondamentalement différent des autres enfants de son âge. En effet, sa spécificité se révèle beaucoup plus fonctionnelle que structurelle. Il raisonne en général très tôt sur un mode analytique. C’est alors la qualité d’utilisation de ses capacités cognitives qui va le distinguer de ses pairs, et non pas son mode de pensée, comme l’enfant à HP-C. Aussi sa rapidité d’esprit et son efficacité s’expriment-elles de façon proportionnelle à son degré d’entraînement dans le domaine travaillé.

L’enfant à HP-L ne se montre ainsi pas particulièrement créatif et entreprenant, excepté dans les registres qu’il maîtrise et qui le motivent. Mu par une nécessité d’autoconservation, il lui faut un certain sentiment de sécurité pour être en mesure de s’exprimer pleinement dans une discipline. En revanche, une fois qu’il a acquis la certitude de sa compétence, il peut accepter le danger, et même le rechercher parfois, en vue de parfaire sa maîtrise du champ de son choix. Sa grande lucidité, additionnée à la prise de risque qu’il s’octroie, le rendent ainsi redoutable dans son domaine d’exercice.

L’enfant à HP-L acquiert de bonne heure une capacité, voire un besoin de planification et d’anticipation. Pas de difficulté outre mesure, ainsi, dans l’application des règles éducatives. Cependant, l’impossibilité de prévoir et d’anticiper le place dans une angoisse qui l’inhibe jusqu’à ce qu’il ait pu élaborer une stratégie d’ajustement, contrairement à l’enfant à HP-C qui réagit en jouant avec l’imprévu par contournement ou confrontation.

Le fonctionnement cognitif est à prédominance analytique. Le processus de pensée s’effectue ainsi sur un mode linéaire, avec un raisonnement principalement déductif et de bonnes capacités d’approfondissement. Néanmoins on note une moindre aptitude dans la pensée globale et la généralisation, et une tendance à « prendre pour argent comptant » le comportement et les mots prononcés par autrui.

Parcours scolaire, sport, musique, tous les domaines sont susceptibles de convenir à l’enfant à profil Laminaire dans son évolution. En effet, les acquisitions sont en général régulières, sans dyssynchronie cognitive, cognitivo-affective ou psychomotrice, de sorte que l’on observe généralement des résultats assez homogènes aux échelles de Wechsler.

Comportement

Tout d’abord, on observe un enfant à la personnalité « facile ». On ne sent pas en lui le sceau d’un esprit torturé. Il se présente par un abord assez simple, sans « fioritures », sans en faire trop pour attirer l’attention sur lui.

Que ce soit sur un plan vestimentaire, postural, comportemental ou relationnel, on peut parler d’un enfant qui sait en général être à sa place.

Lui aussi, pourtant, comme l’enfant à HP-C, est doté d’une présence particulière. Mais on décrira davantage cette présence comme « une aura ». Il ne s’agit pas ici d’une manière d’être-au-monde qui fait presque systématiquement violence à autrui. Au contraire, l’enfant, comme l’adulte à profil Laminaire, fait généralement l’unanimité.

Il est par ailleurs pourvu d’une grande lucidité qui lui confère souvent un sens critique aiguisé. Ce mode de pensée lui est utile pour servir son besoin d’excellence propre à satisfaire sa construction personnelle. La préoccupation pour l’amélioration du monde vient ainsi en seconde position, après la nécessité de se construire en tant « qu’homme/femme de bien ».

Aussi, il se montre assez tôt exigeant quant aux enseignements, notamment scolaires, qui lui sont donnés.

Par ailleurs, sa sensibilité fine, sans être exacerbée, fait de lui un enfant suffisamment empathique pour comprendre ce que l’on attend de lui et ce qu’il peut attendre d’autrui. Il conçoit dès lors qu’un adulte puisse ne pas se trouver en mesure de tenir sa promesse. La parole donnée lui importe, comme tout un chacun, mais il sait se montrer flexible avec cette notion. En revanche il se fait une haute idée de la distinction du bien et du mal.

Le sentiment d’être différent ne constitue pas un problème pour l’enfant à HP-L, car sa spécificité s’exprime le plus souvent sur le plan du « faire » et non de l’« être ». En outre, cette différence est en général toute à son avantage et le valorise.

Le parcours scolaire s’avère assez régulier et de très bon niveau, dès lors que l’enfant a trouvé ses repères et son équilibre dans l’environnement de l’école.

L’enfant à HP-L perçoit le monde comme un trésor de ressources qu’il suffit d’explorer, et non pas comme une menace. Il ressent une certaine facilité à tirer les fils adéquats pour obtenir les informations nécessaires à sa progression. Son comportement tend ainsi ordinairement vers la construction d’une évolution cohérente avec ses capacités et ses désirs.

Bien que confiant dans lui-même, il peut vivre une forte anxiété quand il est susceptible de ne pas être le premier ou de ne pas répondre aux attentes d’autrui, particulièrement d’un adulte. Cependant, dès lors qu’il trouve l’attitude correcte et surtout généralisable et reproductible à adopter pour satisfaire à ses exigences envers lui-même, le degré d’anxiété s’affaiblit considérablement.

En résumé, l’enfant à Haut Potentiel Intellectuel, profil Laminaire, bénéficie de capacités cognitives, psychomotrices et relationnelles de bon niveau et –le plus important– en adéquation avec son environnement. Il n’éprouve ainsi pas la nécessité de défendre ou d’imposer sa place au sein du monde, puisqu’il sent cette place déjà acquise. Si aucun traumatisme ne vient freiner son évolution, le parcours de vie de cet enfant se révèle en général constructif et adapté. [divider]

Personnages et personnalités à HP-L Astérix, Tintin, Mickey Mouse, Buzz l’Éclair, Fée Clochette, Dora l’Exploratrice, Harry Potter, Le Petit Nicolas, Merlin l’Enchanteur, Maître Yoda, Mac Gyver, François Rabelais, François 1er, Louis XIV, Victor Hugo, Henri Bergson, Claude Monet, Auguste Rodin, Raoul Dufy, Charles de Gaulle, John Fitzgerald Kennedy, Antoine de Saint-Exupéry, Roger Federer, Raphaël Nadal, Yannick Noah, Sébastien Loeb, Didier Deschamps, Bill Gates, Jacques Attali, Jean d’Ormesson, Michel Serres, Laurent Deutsch, Nathalie Kosciusko-Morizet, Stephen Hawking, Hubert Reeves, Tenzin Gyatso (Dalaï-Lama), Mère Theresa, Mathieu Chedid, Jean-Jacques Goldman, Natacha Polony, Francis Cabrel, Boris Cyrulnik. [divider] Conclusion

Parmi les enfants à HP, la majorité de ceux que nous rencontrons pour un accompagnement présentent un Profil Complexe. Les enfants à HP-L, quant à eux, n’ont pas vraiment besoin de nos services, excepté dans le cas du passage d’un moment critique, ou dans une optique de coaching pour le développement de potentiel.

Cependant, ce profil, par l’attitude et la gestion mentale qui le sous-tendent, implique beaucoup moins d’angoisse et de souffrance que le Profil Complexe.

C’est la raison pour laquelle, par la connaissance des processus en jeu dans le Profil Laminaire, nous pouvons nous atteler à aider les enfants à HP-C à migrer vers le HP-L, en les accompagnant dans la capitalisation et la sédimentation de leur potentiel.

Nombre d’adultes à HP-C que nous connaissons ont pu se rapprocher du Profil Laminaire en travaillant sur eux-mêmes, et trouver ainsi un équilibre et une sérénité dans leur vie.

Bien sûr, le fond reste présent, la pensée toujours aussi bouillonnante et les relations aux autres toujours insolites. Mais nous sommes en mesure de les guider pour qu’ils apprennent prioritairement à se protéger d’eux-mêmes et de leur tendance à l’auto-sabordage.

Cette guidance peut s’opérer sous différents angles : cognitif, psycho-comportemental, médical… Cependant elle nécessitera avant tout l’apprentissage de la constance et de la quête de sens et d’objectivité, socles indispensables à la construction identitaire.

Un surdoué peut-il être manipulateur, constamment dans le jugement de valeur, et aimer avoir du pouvoir sur les gens ? 

Surdoué, ça veut juste dire qu’on a un système nerveux plus sensible et plus rapide que la moyenne. On traite beaucoup d’infos et on les traite plus vite que la majorité des gens. Ce qui ne veut pas forcément dire qu’on sait comment en faire quelque chose d’intéressant, ni qu’on le fait avec éthique et considération pour les autres.

Aux dernières nouvelles, être surdoué ne fait pas de vous autre chose qu’un humain. Avec tous le panel de possibilités que cela représente.

Alors oui, on peut être surdoué et manipulateur, surdoué et tueur en série, surdoué et fan de sudoku, surdoué et allergique aux fraises, surdoué et supporter de foot. Etc.

Le mythe du surdoué, forcément idéaliste et dégoulinant de bons sentiments, incapable de se retenir de pleurer devant les chatons mouillés et habité par le désir de sauver la veuve et l’orphelin, ben c’est juste une dérive psychologisante à la mode pour flatter l’ego de ceux qui se croient trop purs et trop grands pour vivre dans le monde.

Les surdoués ne sont pas des enfants innocents et incapables d’une quelconque violence. Ce sont des gens avec des neurones agités, c’est tout. Avec les mêmes pulsions que les autres, les mêmes enjeux inconscients et les mêmes angoisses. Et la même capacité à faire des conneries, ou des atrocités, au nom de leur petit désir de toute-puissance.

  • Les Philo-Cognitifs, une nouvelle appellation pour tenter d'éclaircir les personnalités à haut potentiel
  • Que pensez-vous de cette nouvelle appellation de "philo-cognitif" ?
Les Philo-Cognitifs, une nouvelle appellation pour tenter d'éclaircir les personnalités à haut potentiel ...... Je trouve que c'est une bonne chose de chercher à s'approcher au plus près de ce qu'on entend pas ce fonctionnement "atypique" et minoritaire au sens statistique du terme, mais voilà après la lecture des articles présentant ce nouvel ouvrage : Les Philo-Cognitifs, ils n’aiment que penser et penser autrement… de Fanny NUSBAUM, Olivier REVOL et Dominic SAPPEY-MARINIER (2019) , je suis un peu déçu..... . 
  • Que pensez-vous de cette nouvelle appellation de "philo-cognitif" ?
  • Êtes-vous satisfait de la binarité/dichotomie présentée entre philo-cognitif complexe et philo-cognitif laminaire ?
C'est sur ce 2e point que je suis particulièrement déçu. J'avais déjà lu à ce sujet, des profils laminaires ou complexes... je trouvais ça un peu éclairant mais évidemment pas suffisant. Là, je vous avoue que le titre de l'ouvrage et l'introduction de sa présentation développait en moins des attentes assez élevées du genre : "ok, on ne va pas retomber dans des réflexions simplistes pour décrire le fonctionnement à haut potentiel, et sans nier son hétérogénéïté, on pourra quand même être capable de faire ressortir quelque chose d'objectif qui pourrait avoir son utilité dans une introspection personnelle...". Et vlam! on retombe sur "soit l'un" "soit l'autre".
A titre purement personnellement, j'ai du mal à me reconnaître de manière catégorique dans l'une des deux catégories et en plus je sens qu'une des deux m'est plus amicale, que je la valorise sur l'autre (donc je creuse même pas les biais qui me font penser que j'appartiens quand même plus à l'une qu'à l'autre... alors qu'en fait... je peux me retrouver dans les deux)...... .