LA PRISE EN CHARGE de la phobie sociale, maintenant appelée « anxiété sociale » a bien évolué en quelques décennies. Cette pathologie revient de loin! Presque absente des livres au début du XXe siècle, il aura fallu attendre les travaux de Marks en 1970 pour qu’elle soit prise en compte et apparaisse enfin dans le DSM-III en 1980. Depuis le tout début des années quatre-vingt-dix des auteurs comme Heimberg et Hope ont construit tout un protocole comportemental et cognitif complet cousu main pour les thérapeutes. Ils ont mis en place les premières fondations. L’anxiété sociale reste souvent handicapante et résistante malgré ces techniques éprouvées scientifiquement. Plus de 25 ans après, où en sommes-nous? Y a-t-il des éléments importants à mettre en lumière, des manières de faire compliquées à simplifier? La troisième vague, dite des « thérapies émotionnelles » (Pleine Conscience, ACT), a-t-elle une place à prendre dans la prise en charge de l’anxiété sociale? Pouvons-nous faire un protocole plus ergonomique pour les thérapeutes et les patients? Plus facile à mettre en place dans nos pratiques libérales? Peut-être plus rapide ? Pierre Dassigny