Qu’est-ce que l’anxiété ? Loiret 45. Un trouble émotionnel traduisant de l’insécurité L’anxiété décrit un état précis. C’est avant tout un trouble émotionnel et psychologique qui traduit une impression d’insécurité. Elle se caractérise par un sentiment d’inquiétude, de malaise, une impression pénible d’impuissance face à une situation. On l’exprime par des termes comme inquiétude, nervosité, agitation, soucis, contrariétés, craintes. Elle n’est pas une peur de quelque chose d’imprécis ou d’aléatoire. Au contraire, elle a très fréquemment un objet spécifique. Si vous ressentez de l’anxiété, vous l’êtes presque toujours à propos de risques précis, souvent liés à votre vie quotidienne, en rapport donc avec votre santé, votre vie professionnelle, votre vie familiale, un risque d’accident ou l’aggravation d’une situation actuelle. En outre, il y a une anticipation des conséquences liées à cette situation et celle-ci est toujours négative. Cette manière de pressentir un évènement ou une situation peut empêcher d’envisager ou de voir des solutions positives à portée de main. Enfin, on a tendance à en surévaluer les conséquences. Les caractéristiques de l’anxiété Ainsi, on considère que l’anxiété répond, dans sa définition, à un certain nombre d’éléments cumulatifs : 1. Une sensation d’inquiétude, une tension, de l’appréhension, de la peur et de la nervosité face à une situation à venir. Une sensation d’inquiétude. 2. Une appréhension qu’un événement désagréable va se produire. Les situations redoutées sont perçues comme difficilement contrôlables ou évitables. Très souvent, la problématique à venir est identifiée : « Il risque de m’arriver ceci. », « Je ne vais pas pouvoir empêcher cela ». L’importance du problème peut demeurer floue mais la peur reste la même, centrée sur ce qu’il risque d’arriver et surtout, quand trop de problèmes arrivent en même temps, lequel traiter en premier ? Ne sont-ils pas tous de la même importance ? Est-il seulement possible de tous les traiter ? 3. Une anticipation quasi-constante. Il y a toujours la peur de ce qui est à venir. Les instants agréables sont difficilement appréciés car on continue de ruminer et d’appréhender la suite. L’anticipation négative ne fait pas naître cette réaction des combatifs ou de ceux qui aiment l’affrontement et retroussent leurs manches en se disant : « OK, on va y arriver ». Au contraire, dans l’anxiété, on est rongé d’inquiétude. On n’arrive pas à mobiliser sa volonté à l’idée de se battre, tellement la tension vécue est intense et paralysante. 4. Une extrapolation des risques et des conséquences de la situation présente. C’est un peu le scénario du pire, comme un phénomène de loupe qui amplifie le danger. Le scénario du pire. 5. Un ressassement, une rumination permanents et en boucle. C’est une stratégie du mental pour trouver une réponse, mais elle est stérile car elle tourne en rond, sans effet de recul permettant de voir objectivement la situation. Il peut aussi y avoir un refus de la situation : « Ce n’est pas possible, ce n’est pas vrai », avec une impression d’être victime : « Je ne mérite pas ça ». Toujours est-il que l’idée négative de ce qui va se passer tend à devenir obsessionnelle. 6. Une impression pénible d’impuissance. On ne sait pas quoi faire ou on ne se sent pas capable de faire face. Ou bien, on ne sait plus quoi faire après avoir essayé diverses solutions qui n’ont servi à rien, ou n’ont pas donné le résultat bénéfique escompté. Il y a une forte discordance entre la perception des situations à venir et la perception de la capacité à pouvoir y répondre. 7. Conscience de la nécessité d’agir. Attendre trop longtemps ne peut qu’aggraver encore ce que la personne anxieuse redoute. Il y a nécessité d’affronter la situation (par exemple : aller à un examen) ou urgence à trouver une solution (par exemple : avoir à se reloger). Pierre Dassigny