Psychologue Loiret 45 Pierre Dassigny Psychologue Loiret 45 Pierre Dassigny Pierre DASSIGNY PSYCHOLOGUE CLINICIEN LOIRET 45 Se reconstruire après avoir vécu avec un/une pervers narcissique  

Il/elle disait qu'il/elle m'aimait

Après l'enfer, se reconstruire et retrouver l'amour de soi.


Pervers narcissique L'identifier le fuir se reconstruire 

Un manipulateur pervers narcissique est donc une personne qui n’a pas peur de vous faire du mal et qui vous utilise pour atteindre ses objectifs (qui sont généralement portés sur la satisfaction personnelle immédiate). Il peut jouer le rôle d’une victime devant un public pour être plaint et recevoir de l’attention, le rôle d’un courageux sauveur auprès de personnes qui le rencontrent pour la première fois, ou bien montrer un visage agressif, violent et parfois démoniaque auprès de sa victime privilégiée. Ces personnes peuvent être présentes dans tous les domaines de votre vie : au travail, dans le couple, dans la famille ou même parmi vos amis. Il peut aussi bien s’agir d’un homme que d’une femme.


La première étape, indispensable pour résoudre un problème, est de l’identifier. Les relations humaines ne sont pas une exception à cette règle. Tant que nous n’avons pas identifié la nature toxique d’une relation dans notre vie, nous continuons à la subir, dans l’incompréhension et l’isolement. Nos doutes et notre malaise, voire notre souffrance, nous indiquent l’existence d’un problème, sans nous permettre de le définir précisément : « C’est moi ? C’est l’autre ? Que faire ? »




D’où provient la haine de soi ? 


Pour commencer, je voudrais expliquer comment nous en sommes arrivés là. Aucun d’entre nous n’a été parfaitement aimé quand il était enfant. Voilà donc le travail de notre vie. Nous venons au monde pour apprendre à nous aimer. Il ne faut pas nécessairement avoir subi des violences, enfant, pour développer la haine de soi. La haine de soi est cultivée par la société dans laquelle nous vivons. Elle est même renforcée par les « bons » parents. Le processus par lequel nous apprenons à nous détester s’appelle « la socialisation ». Quelle que soit l’enfance que vous avez vécue, il y a de grandes chances que vous ayez entendu au moins l’une des injonctions suivantes : Tu devrais avoir honte, regarde ce que tu as fait ! Arrête ! Pose ça ! Non, non, non ! Je n’y crois pas ! Tu n’as toujours pas compris ? Tu n’as rien trouvé de mieux à faire ? Vous vous souvenez sans doute de ces ritournelles négatives : Vilain(e) ! Je te l’avais bien dit ! Parce que c’est comme ça. Pour qui te prends-tu ? Comment oses-tu ? Ne me réponds pas ! Il n’y a pas de quoi être fier ! Cela te servira de leçon. Tu ne peux pas penser un peu aux autres ? Durant votre enfance, les adultes ne s’adressaient pas à vous dans le but de vous blesser. Ils cherchaient simplement à vous socialiser du mieux qu’ils pouvaient. Ils vous ont élevé comme on les avait élevés et comme leurs grands-parents et arrière-grands-parents avaient été élevés. En vous voyant grandir, vos parents ont dû éprouver ce que tout le monde éprouve : un sentiment d’impuissance. Ils faisaient des choses soi-disant « pour vous » et voulaient que vous vous comportiez d’une certaine manière, mais, ne supportant pas l’idée d’être égoïstes, ils n’ont pas pu admettre que c’était en réalité pour eux qu’ils le faisaient. Pas pour vous. Dans notre société, les parents et les adultes ont trouvé le moyen de préserver leur estime d’eux-mêmes en se nourrissant, en même temps qu’ils nous en gavaient, de la croyance : « C’est pour ton bien. » On nous fait avaler ce mensonge dès notre naissance. Même ceux qui grandissent dans les foyers les plus aimants sont abreuvés de ce mensonge. Nous obligeons nos enfants à rester assis pendant des heures dans un milieu quasi carcéral que nous appelons « école » en leur répétant que c’est pour leur bien. Nous leur inculquons une discipline qui les fait souffrir, physiquement et psychologiquement, en leur disant que c’est pour leur bien. De plus, on leur explique que leurs désirs sont inappropriés et qu’ils doivent en changer et en trouver d’autres, tout cela « pour leur bien ». C’est là que se situe le problème. Les enfants se mettent à croire que leurs parents ont sans doute raison. Ils se disent : c’est peut-être pour mon bien. Nous croyons que nos parents savent davantage de choses que nous, puisque, après tout, ils ont l’air de tout contrôler, jusqu’à notre survie. 


Des messages ambigus que l’on garde en mémoire toute sa vie Ainsi nous mettons-nous à croire qu’il faut faire des choses qui nous font du mal « pour notre bien ». Nous pensons que le plaisir n’est pas bon pour nous et que la douleur, en revanche, l’est. En entendant nos parents nous répéter : « Je t’aime et si je fais cela, c’est pour ton bien », alors qu’ils nous font souffrir en même temps, nous nous persuadons peu à peu que l’amour, c’est de la souffrance. Et que nous ne pouvons pas nous fier à nous-mêmes ni à ce que nous ressentons. Nous avons l’impression que notre guide émotionnel interne nous induit en erreur. Après tout, nous éprouvons de la joie alors que maman déclare que ce que nous sommes en train de faire est mauvais pour nous. Et nous souffrons alors qu’elle affirme, pourtant, que ce que nous faisons est bien. Qu’y a-t-il d’étonnant à ce que l’on finisse par penser mal agir à chaque fois que l’on fait quelque chose avec plaisir et facilité ? On n’ose plus se fier à ses désirs. Et on renonce à l’idée que son bonheur est important. Dès que nous nous mettons à croire que la douleur, la souffrance et la haine de soi font du bien et procurent de l’amour, nous ne pouvons plus nous en passer, persuadés que la douleur nous est utile. Nous faisons tout pour la faire perdurer et l’entretenir en nous. Nous nous convainquons que, si nous nous libérons de la douleur pour suivre la direction du plaisir et de l’amour de soi, nous constituerons une menace pour la société et finirons par être considérés comme mauvais, abandonnés et sans amour. Une fois encore, ne pensez pas que vos parents se sont comportés de cette façon pour vous faire du mal. Ils n’ont simplement pas compris que ce genre de traitement vous conduirait à cette funeste conclusion : « Je ne suis pas assez bien. » Vous avez conclu que s’ils ne vous donnaient pas l’amour dont vous aviez naturellement besoin, c’était probablement de votre faute. Même si cette hypothèse était incorrecte, c’est elle qui a introduit la haine de soi dans votre existence.


Un partenaire narcissique fait tout pour vous éloigner de vos proches tout en neutralisant systématiquement vos défenses. Son objectif est de vous enlever toute assurance, ce qui peut aller jusqu’à vous rendre incapable de prendre des décisions. Une personne narcissique n’est jamais responsable de son comportement ou de ses erreurs. C’est simple, il n’en commet jamais. Les responsables, c’est vous, ses parents, la société. Tout le monde, sauf lui. Le « gaslighting » est l’une des techniques de manipulation préférées du pervers narcissique. « Ça ne s’est pas passé comme ça. » « Je n’ai pas dit ça. » « Tu te fais des films. » Il utilise des termes absolus et, souvent, des mots comme « toujours », « jamais » et « chaque fois » : « Tu ne crois jamais en moi. » « Tu fais toujours tout pour provoquer une dispute. » « Chaque fois qu’il m’arrive quelque chose de bien, il faut que tu me gâches le plaisir. » Un pervers narcissique ne s’intéresse pas à ce qui se passe en dehors de son petit monde, mais toujours uniquement aux répercussions sur lui. Un accident sur l’autoroute n’a rien de préoccupant tant qu’il n’a pas d’incidence sur son temps de trajet pour aller travailler. Bien sûr, il nous arrive à tous de penser ainsi. Mais chez un pervers narcissique, c’est un état d’esprit constant. Votre grand-mère a eu un infarctus ? Il vous avait préparé un délicieux dîner et voilà que la soirée tombe à l’eau car vous êtes toute retournée et que vous avez dû vous précipiter à l’hôpital. Vous devrez probablement vous excuser d’avoir gâché ce dîner ou de ne pas l’apprécier, lui, à sa juste valeur. C’est épuisant pour les personnes de son entourage. Vous pourriez vous surprendre à marcher sur des œufs quand il est près de vous, et à espérer ne rien dire ou faire qui lui fasse perdre son sang-froid. Tout cela n’est qu’un avant-goût de ce qu’est une relation avec un pervers narcissique. Si vous lisez ces mots, vous le savez probablement déjà. Mais qu’est-ce que le narcissisme exactement ? C’est l’un de ces termes souvent utilisés pour reprocher à une personne son manque d’égards et son égoïsme. Votre partenaire narcissique sera probablement le premier à faire ces reproches. C’est un schéma typique : les menteurs accusent les autres de ne pas être sincères, les personnes impolies se plaignent du manque de politesse et les narcissiques vous reprocheront votre manque d’égards et votre égoïsme. Une personne narcissique est généralement égocentrique et manipulatrice. C’est vrai des pervers narcissiques, mais ils ne se résument pas à cela. Souvent, ils réussissent bien dans la vie et sont en apparence très charmants et déterminés. Ces qualités les rendent attrayants. C’est seulement une fois qu’ils vous ont attirée dans leur sphère d’influence qu’ils montrent leur vrai visage. Les personnes extérieures peuvent être loin de se douter qu’il y a abus. La manipulation commence rapidement, quoique sur un ton positif au début. « Je ne me suis jamais senti aussi bien avec quelqu’un. » « Tu comptes plus que tout au monde pour moi. Je ne sais pas ce que je ferais si je te perdais. » « Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée. On est des âmes sœurs. » Quelle femme resterait insensible à ces mots ? Les contes de fées et le conditionnement social nous ont convaincues que c’est ce que nous voulons entendre. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous restons aussi longtemps dans ces relations et que nous essayons de faire en sorte qu’elles fonctionnent. C’est pour cela que certaines d’entre nous reviennent encore et toujours. Il existe même un diagnostic officiel d’une maladie appelée « syndrome de la victime d’abus narcissique », qui a été ajoutée au Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, ou DSM-5, publié par l’Association américaine de psychiatrie. Vous serez peut-être surprise d’apprendre qu’il existe aussi un phénomène baptisé « couverture sociale ». Chefs, thérapeutes et parents – souvent avec le soutien de votre bourreau – vous incrimineront : « Comment as-tu pu quitter une personne aussi consciencieuse et talentueuse ?! ». Le mal qu’il vous fait ne joue aucun rôle. Le 1er juin marque la Journée mondiale de sensibilisation à l’abus narcissique. C’est déjà un progrès. Mais j’aimerais vous consacrer plus qu’une journée. J’aimerais vous rendre votre vie et votre bien-être. Comment une femme normale, intelligente et aimante comme vous finit-elle dans une situation pareille ? Pourquoi sommes-nous si nombreuses à entretenir ce genre de relation ? C’est ce que je vais tenter de comprendre dans ce livre. Mais on ne parle pas seulement d’être avec un pervers narcissique. On parle de combattre un bourreau et de le bannir à tout jamais de sa vie. Pour enfin se débarrasser d’un persécuteur narcissique, il faut apprendre à repérer ses petits jeux psychologiques et le battre sur son propre terrain. Je vais vous en montrer le fonctionnement à l’aide d’exemples de la vie quotidienne, de scénarios et d’anecdotes personnelles tirées de ma vie et de celle d’amies que j’ai rencontrées au cours de ce cheminement. Cet écrit est divisé en trois parties pour montrer clairement comment les phases d’une relation abusive se mettent en place, comment le cycle de l’abus évolue et comment vous pouvez recouvrer votre amour-propre et sortir définitivement de ce cycle. Le cycle de l’abus narcissique comporte six phases : 1. L’espoir que tout se passe bien. 2. La confusion lorsque la réalité s’installe. 3. La résignation face à un cycle épuisant et sans fin pour la victime : adhésion recherchée adhésion refusée adhésion recherchée adhésion accordée. 4. L’hypersensibilité à des pensées, paroles ou attitudes qui pourraient engendrer un abus. 5. L’isolement des réseaux d’aide. 6. Le désespoir et la question de savoir s’il faut mettre un terme à l’abus, à la relation ou à sa propre vie. La seule solution est de sortir de cette relation. Avant que vous n’atteigniez la dernière phase, je vais vous présenter des stratégies pour mettre un terme à cette situation, ainsi que des outils et des méthodes qui vous aideront à guérir de l’intérieur et à en sortir plus forte. Nous allons voir comment parvenir à cette phase. Dans une relation normale et saine, la situation se stabilise après la phase de la lune de miel, dès que la chimie du cerveau se normalise. Il s’agit souvent de la phase de transition : ça passe ou ça casse. La plupart des couples connaissent une phase d’adaptation tandis que la relation se développe. Ce que vous adoriez chez l’autre au début peut commencer à vous agacer. Un beau jour, vous vous réveillez et vous vous apercevez que le devoir vous appelle et que vous avez négligé vos autres relations. À ce stade, un partenaire, ou le couple, décide soit de faire la route ensemble, soit de prendre des chemins séparés. C’est là que le pervers narcissique est pris de panique. Mais pourquoi avez-vous besoin d’amis ? C’est lui, votre meilleur ami ! Vous ne l’aimez pas assez ! Vous allez le quitter, comme les autres avant. Mais vous n’êtes pas comme les autres femmes, n’est-ce pas ? C’est ce qu’il vous répète tous les jours depuis votre rencontre. Vous êtes spéciale. Évidemment que vous ne le quitterez jamais ! Et sans même vous en rendre compte, son bonheur personnel et son avenir sont sous votre responsabilité. La plupart des femmes qui se trouvent dans ce genre de relation dévorante et abusive sont hyperempathiques. Nous verrons les différentes phases qu’elles traversent dans une relation codépendante avec un pervers narcissique. Une telle relation finit par devenir un cycle de manipulation et de contrôle. À ce stade, la lune de miel est clairement finie, mais vous, vous êtes émotionnellement piégée. C’est précisément ce qui déconcerte l’entourage. Comment une femme forte et indépendante, « libre », peut-elle se sentir piégée ? « Puisque c’est si horrible, pourquoi ne pars-tu pas ? », vous demandera-t-on. Celles d’entre nous qui ont vécu cette situation connaissent bien la paralysie émotionnelle, le sentiment de culpabilité et la honte qu’elle engendre. Nous en assumons l’entière responsabilité car nous sommes conditionnées pour cela. Nous sommes nombreuses à avoir grandi dans un foyer dominé par un parent narcissique, ou bien nous avons eu des relations avec des hommes qui avaient un comportement abusif, si bien que c’est devenu notre réalité. Pour nous/vous, c’est « normal ».